
Leadership féminin, diplomatie des villes et coopération africaine : une nouvelle dynamique de transformation.
À l’occasion de la Journée internationale des femmes, notre rédaction met en lumière des parcours féminins qui contribuent à transformer les dynamiques de gouvernance et de coopération sur le continent africain.
Parmi ces figures engagées, Hayat Sami s’impose comme l’une des actrices majeures du développement de la diplomatie des villes et du rayonnement international de la capitale marocaine, Rabat.
Forte de plus de vingt-cinq années d’expérience au sein de l’administration territoriale, elle a joué un rôle central dans le renforcement des partenariats internationaux de la ville et dans la promotion d’une coopération territoriale fondée sur le dialogue, l’innovation et l’échange d’expertise.
Son engagement s’inscrit également dans la dynamique de coopération Sud-Sud et dans la vision panafricaine portée par le Royaume du Maroc, visant à renforcer les liens entre les collectivités territoriales du continent et à accompagner le développement local.
À travers cette interview, Hayat Sami revient sur l’évolution du leadership féminin dans la gouvernance publique, le rôle croissant de la diplomatie des villes dans la coopération internationale et les perspectives de l’intégration africaine à travers les collectivités territoriales.
Interview – Hayat Sami
1. Après plus de vingt-cinq ans au sein de l’administration locale, quel regard portez-vous sur l’évolution du leadership féminin dans la gouvernance publique ?
Après plus de vingt-cinq années d’engagement au sein de l’administration territoriale marocaine, j’ai pu observer les évolutions profondes qui transforment progressivement la gouvernance publique. La participation des femmes aux institutions, aux espaces de décision et aux dynamiques territoriales s’affirme aujourd’hui comme un levier essentiel de modernisation et d’innovation dans l’action publique.
Au Maroc, cette évolution s’inscrit dans une vision stratégique portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’Assiste, qui a placé l’autonomisation des femmes au cœur du projet de développement du Royaume.
La réforme du Code de la famille (Moudawana), l’inscription du principe d’égalité et de parité dans la Constitution de 2011, ainsi que l’adoption de la loi 103-13 relative à la lutte contre les violences faites aux femmes illustrent cette dynamique de transformation.
Parallèlement, plusieurs programmes nationaux ont contribué à renforcer l’entrepreneuriat féminin, l’inclusion économique des femmes et leur accès aux responsabilités politiques et administratives.
2. Quels défis spécifiques une femme peut-elle rencontrer dans les réseaux internationaux de coopération ?
Dans un monde marqué par des mutations urbaines rapides et des défis globaux complexes, les villes deviennent des acteurs majeurs de la coopération internationale. La diplomatie des villes s’impose progressivement comme un espace stratégique de dialogue, d’innovation et de construction de solutions territoriales adaptées aux réalités locales.
À travers les réseaux internationaux et les partenariats entre collectivités territoriales, les villes peuvent partager leurs expériences, mutualiser leurs expertises et promouvoir des politiques publiques innovantes.
Dans cette dynamique, le leadership féminin joue un rôle déterminant. Les femmes engagées dans la gouvernance locale contribuent à promouvoir des approches plus participatives, plus inclusives et plus sensibles aux enjeux sociaux.
3. Comment la diplomatie des villes peut-elle contribuer à l’émancipation économique et sociale des femmes africaines ?
L’émancipation économique et sociale des femmes constitue aujourd’hui l’un des leviers les plus puissants pour accélérer le développement du continent africain. Les villes ont un rôle déterminant à jouer dans cette dynamique.
En intégrant la dimension de genre dans les politiques urbaines, en soutenant l’entrepreneuriat féminin et en favorisant l’accès à la formation et aux opportunités économiques, les collectivités territoriales peuvent contribuer à créer des environnements plus inclusifs et plus équitables.
4. Votre engagement dans la coopération Sud-Sud reflète une vision panafricaine. Que signifie pour vous cette dimension africaine ?
L’engagement du Maroc en faveur du développement du continent africain s’inscrit dans la vision stratégique portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’Assiste, qui a fait de la coopération africaine un pilier majeur de la politique extérieure du Royaume.
Dans cette dynamique, le Royaume a mis en place plusieurs instruments innovants destinés à renforcer la coopération territoriale en Afrique, notamment le Fonds Africain d’Appui à la Coopération Décentralisée Internationale des Collectivités Territoriales (FACDI).
5. Si vous deviez adresser un message aux jeunes femmes africaines qui aspirent à des responsabilités publiques, quel serait-il ?
Aux jeunes femmes africaines qui aspirent à s’engager dans la vie publique et les affaires locales, je voudrais adresser un message simple mais essentiel : votre place dans les institutions, dans la gouvernance et dans la construction de l’avenir du continent est légitime et nécessaire.
Le leadership féminin africain est une force pour l’innovation et pour la construction d’un développement plus inclusif et durable.
