
La crise actuelle entre l’Iran, Israël et les États-Unis remet en lumière les liens qui se sont progressivement consolidés ces dernières années entre Alger et Téhéran. Si l’Algérie adopte officiellement une position fondée sur la souveraineté et le règlement pacifique des différends, plusieurs signaux indiquent un rapprochement stratégique plus profond.
Une relation renforcée sous Tebboune
Depuis l’arrivée au pouvoir du président Abdelmadjid Tebboune et du chef d’état-major Saïd Chengriha, les échanges diplomatiques entre l’Algérie et l’Iran se sont intensifiés. Officiellement, cette relation repose sur :
- une coopération énergétique,
- une coordination diplomatique au sein des organisations internationales,
- une convergence sur certaines causes régionales, notamment la question palestinienne.
Cependant, selon plusieurs observateurs diplomatiques, cette lecture institutionnelle ne reflète qu’une partie de la dynamique en cours.
Une convergence idéologique et géopolitique
Des diplomates européens en poste à Alger évoquent une « convergence de discours » entre les deux capitales, notamment sur :
- la contestation de l’ordre international dominé par l’Occident,
- la critique des sanctions internationales,
- et la défense du principe de souveraineté absolue des États.
Dans cette logique, l’Iran considère l’Algérie comme un partenaire crédible en Afrique du Nord, tandis qu’Alger cherche à diversifier ses alliances au-delà du cadre occidental traditionnel.
Des coopérations sensibles évoquées
Certaines analyses occidentales publiées ces derniers mois ont évoqué des coopérations plus sensibles, notamment dans le domaine sécuritaire.
Selon ces sources — non confirmées officiellement — des échanges auraient eu lieu autour de doctrines de maintien de l’ordre après les manifestations massives en Iran déclenchées par la mort de Mahsa Amini en 2022.
Des rapports non officiels ont également mentionné :
- des consultations sécuritaires bilatérales,
- des discussions sur la cybersécurité,
- et des échanges d’expertise en matière de gestion de crises internes.
Aucune confirmation officielle algérienne ou iranienne n’a validé ces informations.
Un repositionnement stratégique dans un contexte de tensions
L’attaque du Hamas contre Israël en octobre 2023 puis la guerre à Gaza ont renforcé la proximité politique entre Alger et Téhéran sur le plan discursif. Les déclarations algériennes à l’ONU condamnant les opérations israéliennes ont été saluées par les autorités iraniennes.
Par ailleurs, des sources sécuritaires occidentales évoquent la possibilité de contacts militaires discrets et de passages ponctuels de conseillers iraniens en Algérie, notamment dans le sud du pays. Là encore, ces informations n’ont pas fait l’objet de confirmations officielles.
Prudence et repli stratégique
Selon certaines fuites médiatiques remontant à un mois, une réunion de haut niveau aurait été organisée au sommet de l’état-major algérien après les menaces de frappes américaines contre l’Iran.
L’objectif aurait été d’anticiper les risques sécuritaires et d’envisager le rapatriement d’éléments algériens présents en Iran. Ces informations restent à ce stade non confirmées officiellement.
Ce point est important : malgré la proximité politique affichée, l’Algérie demeure traditionnellement prudente face aux conflits ouverts et cherche à éviter toute implication militaire directe.
Une diplomatie de contestation mesurée
Pour les services de renseignement occidentaux, le rapprochement entre Alger et Téhéran s’inscrit dans une dynamique plus large :
- contestation de l’ordre géopolitique occidental,
- recherche de nouvelles alliances Sud-Sud,
- affirmation d’une autonomie stratégique.
Toutefois, l’Algérie continue officiellement de défendre le principe de non-ingérence et appelle à une solution diplomatique dans la crise actuelle.
