Algérie : le projet minier d’Amizour relance le débat sur la gestion des ressources naturelles

Le lancement du projet d’exploitation du gisement de zinc et de plomb d’Amizour, dans la wilaya de Béjaïa, ravive les interrogations sur la capacité de l’Algérie à transformer ses ressources naturelles en levier de diversification économique.

Mardi 17 mars, les autorités algériennes ont officiellement donné le coup d’envoi des travaux d’aménagement du site, lors d’une cérémonie présidée par le Premier ministre Sifi Ghrieb, sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune. Le projet est porté par la société mixte Bejaia Zinc and Lead, en partenariat avec le groupe public Sonarem.

Un projet stratégique pour le secteur minier

Selon les données communiquées par les autorités, la mine devrait atteindre une production annuelle d’environ 170 000 tonnes de zinc et 30 000 tonnes de plomb. L’objectif affiché est double : répondre aux besoins de l’industrie nationale et dégager un excédent destiné à l’exportation.

Ce projet s’inscrit dans la stratégie officielle de diversification économique, dans un pays encore fortement dépendant des revenus des hydrocarbures.

Pour accompagner cette exploitation, plusieurs infrastructures sont prévues, notamment une route reliant le site à l’autoroute principale, ainsi que des raccordements aux réseaux électrique et gazier. Le port de Béjaïa devrait également jouer un rôle clé dans l’exportation des produits issus du site.

Des garanties environnementales avancées

Les autorités assurent que le projet respecte des normes environnementales strictes. La zone exploitée représenterait une part limitée du bassin hydrique local, tandis que des dispositifs de traitement des eaux industrielles et de gestion des résidus miniers sont annoncés.

Parmi les mesures évoquées figurent également des techniques de réinjection des déchets dans les cavités souterraines afin de limiter l’impact écologique.

Entre ambitions économiques et limites structurelles

Malgré ces annonces, le projet suscite des interrogations parmi les observateurs. L’Algérie dispose d’importantes ressources naturelles, mais peine depuis plusieurs décennies à traduire ce potentiel en une diversification économique durable.

Le secteur minier, régulièrement présenté comme une alternative aux hydrocarbures, reste confronté à plusieurs obstacles : lourdeurs administratives, environnement des affaires jugé peu attractif et faiblesse des investissements étrangers.

Dans ce contexte, le projet d’Amizour illustre un paradoxe récurrent : l’abondance des ressources ne garantit pas, à elle seule, la création d’un tissu industriel compétitif.

Un test pour la diversification économique

Si l’exploitation du gisement pourrait générer des revenus supplémentaires et créer des emplois locaux, son impact à long terme dépendra de la capacité du pays à engager des réformes structurelles plus larges, notamment en matière de gouvernance économique et de développement industriel.

Au-delà de son importance économique, le projet d’Amizour apparaît ainsi comme un test pour la stratégie de diversification de l’Algérie et sa volonté de réduire sa dépendance aux hydrocarbures.

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