
Le conseil d’administration de la U.S. International Development Finance Corporation (DFC), l’agence américaine de financement du développement, a approuvé une nouvelle série d’investissements stratégiques en Afrique, destinés à soutenir les secteurs des minerais critiques, de l’énergie et de la stabilité régionale.
Créée en 2019, la DFC constitue l’un des principaux instruments de la diplomatie économique des États-Unis. Elle mobilise des capitaux publics et privés à travers des prêts, garanties et prises de participation pour financer des projets dans les pays en développement. Son champ d’action couvre notamment l’énergie, les infrastructures, les technologies, l’agriculture, la santé et les ressources stratégiques.
Un positionnement stratégique sur les minerais critiques
Dans un communiqué publié le 20 février 2026, l’agence précise que ces nouvelles transactions visent à renforcer les chaînes d’approvisionnement américaines en minerais critiques — un enjeu central dans la compétition économique mondiale — tout en consolidant la sécurité énergétique et la stabilité de partenaires jugés stratégiques.
Le directeur général de la DFC, Ben Black, a souligné que ces investissements s’inscrivent dans une approche « disciplinée », fondée sur la viabilité financière des projets et alignée sur les intérêts stratégiques américains. Il a notamment insisté sur l’importance de sécuriser les chaînes d’approvisionnement essentielles à la croissance et à l’innovation.
Les projets concernés n’ont pas été détaillés pour des raisons de confidentialité. Comme l’exige la procédure, ces opérations restent soumises à des étapes supplémentaires avant leur validation définitive, dont une notification au Congrès américain.
Un outil central de l’influence américaine
La réunion du conseil d’administration s’est tenue après une audience publique permettant aux parties prenantes d’exprimer leurs observations. Elle intervient dans un contexte d’élargissement significatif des prérogatives de la DFC par le Congrès américain.
Parmi les évolutions majeures figurent :
- le relèvement du plafond d’investissement à 205 milliards de dollars,
- l’assouplissement de certaines limitations géographiques,
- le renforcement des capacités en matière de prises de participation,
- la création d’un fonds rotatif en actions.
Ces ajustements consolident le rôle de la DFC comme pilier central de la diplomatie économique américaine.
Un contexte de compétition internationale accrue
Cette nouvelle vague d’investissements intervient alors que l’Afrique devient un terrain stratégique de compétition entre grandes puissances, notamment dans le domaine des ressources critiques nécessaires à la transition énergétique et aux technologies avancées.
Si ces financements peuvent contribuer au développement économique local, ils s’inscrivent également dans une dynamique plus large de sécurisation des intérêts nationaux américains et de redéploiement géoéconomique sur le continent.
