
À l’heure où les productions culturelles africaines gagnent en visibilité sur la scène internationale, le cinéma s’impose de plus en plus comme un outil d’expression et de narration des réalités du continent. C’est dans cette dynamique que s’inscrit le dernier projet du réalisateur marocain Abdelhak Najib.
Présenté en avant-première à Rabat, son premier long métrage, « Les évadés de Tindouf », s’inspire de témoignages de Marocains liés aux camps de Tindouf, au sud-ouest de l’Algérie. À travers ce film, le cinéaste propose une lecture centrée sur des parcours humains marqués par l’exil, l’attente et la quête de retour.
Également écrivain et journaliste, Abdelhak Najib explique que cette œuvre s’appuie sur des récits recueillis auprès de personnes ayant quitté ces camps, parfois après de longues années, pour regagner le Maroc. Une démarche qui s’inscrit, selon lui, dans une forme de diplomatie culturelle parallèle, complémentaire aux actions institutionnelles.
Le projet trouve son origine dans une rencontre déterminante avec Abdellah Lamani, ancien détenu des camps de Tindouf, dont le parcours a servi de base à l’écriture du scénario. Une histoire qu’il décrit comme emblématique des notions de résilience et d’espoir.
Le film repose également sur un travail de documentation comprenant des archives et des témoignages relayés par différents médias, mettant en lumière des expériences humaines complexes et des situations difficiles vécues dans ces camps.
Sur le plan narratif, « Les évadés de Tindouf » suit le parcours de plusieurs personnages qui parviennent à quitter les camps et traversent le désert dans l’espoir de rejoindre leur pays, affrontant de multiples épreuves.
Le casting réunit plusieurs figures du cinéma marocain, dont Driss Roukhe, Mohamed Choubi, Kamal Haimoud ou encore Imane Kendili.
Au-delà de sa dimension artistique, le film ambitionne de toucher un public international. Une tournée africaine est ainsi prévue à partir d’avril, avec des projections annoncées dans plusieurs capitales, notamment Dakar, Abidjan, Kigali ou Accra. D’autres étapes sont envisagées en Europe et en Amérique latine.
Disponible en plusieurs langues, le long métrage a déjà été sélectionné dans différents festivals internationaux, dont celui de Dublin et le Festival du film de la Mer Rouge.
Pour Abdelhak Najib, le cinéma demeure un levier stratégique pour porter des récits au-delà des frontières et inscrire les productions africaines dans les grands débats contemporains.
Une œuvre inspirée de témoignages

Entre récit humain et engagement artistique

Une diffusion à dimension internationale

