
Madrid s’impose comme un nouveau théâtre diplomatique dans le dossier du Sahara occidental, à un moment marqué par une implication accrue des États-Unis dans le processus politique. Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et son homologue algérien, Ahmed Attaf, se sont retrouvés dans la capitale espagnole dans un contexte de pression internationale croissante en faveur d’une relance des négociations.
Ce conflit ne peut plus être dissimulé derrière des positions politiques, car Nasser Bourita, avec son flegme diplomatique caractéristique, se retrouve face à Ahmed Attaf, qui semble avoir été transféré à Madrid sous la forte pression américaine. Pendant ce temps, dans les coulisses de l’ambassade américaine, une effervescence silencieuse se prépare, alors que la réunion finale tant attendue approche, qui s’annonce comme une journée exceptionnellement longue pour la diplomatie algérienne.
Selon des sources diplomatiques, Washington jouerait un rôle plus actif dans cette phase. Les autorités américaines ont récemment réaffirmé que le règlement du conflit constitue une priorité stratégique, en insistant sur la nécessité d’inscrire toute solution dans le cadre de la Résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui qualifie l’initiative marocaine d’autonomie de « sérieuse et crédible ».
Le Maroc renforce son initiative
Rabat aurait présenté une version élargie et plus détaillée de son plan d’autonomie de 2007. D’après des sources proches du dossier, ce nouveau document, d’une quarantaine de pages, approfondit les dimensions institutionnelles, juridiques et administratives du modèle proposé pour les provinces du Sud.
Cette évolution est interprétée comme une tentative de déplacer le débat du principe politique vers les modalités concrètes de mise en œuvre, consolidant ainsi la position marocaine sur la scène internationale.
L’Algérie face à un nouvel équilibre diplomatique
De son côté, l’Algérie, qui a longtemps refusé d’être considérée comme partie directe au conflit, évolue désormais dans un environnement diplomatique plus exigeant. L’alignement croissant de certaines puissances occidentales sur la proposition marocaine réduit les marges de manœuvre d’Alger et renforce la pression en faveur d’un processus politique structuré.
La pression sur le palais de El Mouradia a atteint son paroxysme, en particulier après la récente visite de Messaoud Boulos en Algérie, qui semble avoir laissé peu de marge de manœuvre au régime de Tebboune. Washington a présenté l’« autonomie » comme le seul et unique plafond pour toute solution future, fermant complètement la porte à toute illusion de séparatisme.
Dans ce contexte, les observateurs estiment que cette phase marque un tournant dans l’équilibre régional, avec un rôle américain plus affirmé, tandis que l’ONU conserve son cadre formel à travers son envoyé personnel, Staffan de Mistura.
Au-delà des postures politiques, le dossier du Sahara semble entrer dans une phase plus technique et stratégique, où les dimensions juridiques et institutionnelles pourraient prendre le pas sur la rhétorique traditionnelle.
