
La croissance économique du Maroc a connu un ralentissement au troisième trimestre 2025, s’établissant à 4 % contre 5 % à la même période de l’année précédente. Selon le Haut-Commissariat au Plan, cette décélération s’explique principalement par le repli du rythme des activités non agricoles, malgré une demande intérieure en forte progression.
L’arrêté des comptes nationaux du troisième trimestre 2025 fait ressortir une décélération de la croissance économique du Maroc, qui s’est établie à 4 %, contre 5 % au troisième trimestre de 2024, selon une note d’information publiée mercredi 31 décembre par le Haut-Commissariat au Plan (HCP).
Cette croissance a été portée essentiellement par la demande intérieure, dans un contexte caractérisé par une inflation maîtrisée et des besoins de financement accrus de l’économie nationale, précise le HCP.
Ralentissement des activités non agricoles
La même source indique que les activités non agricoles ont enregistré un ralentissement notable, avec un taux de croissance de 3,8 %, contre 5,7 % une année auparavant. En revanche, le secteur agricole a affiché une reprise avec une croissance de 4,4 %, après une contraction de 5,1 % au troisième trimestre 2024.
En volume, la valeur ajoutée du secteur primaire a progressé de 2,6 % au troisième trimestre 2025, contre un recul de 4,2 % à la même période de l’année précédente. Cette évolution résulte de la hausse de l’activité agricole, combinée à une forte baisse de l’activité de la pêche, dont la valeur ajoutée a chuté de 24,4 %, après une hausse de 13,4 % en 2024.
Industrie et services en décélération
La valeur ajoutée du secteur secondaire, corrigée des variations saisonnières, a vu son rythme de croissance ralentir à 3,8 %, contre 6,9 % au troisième trimestre 2024. Cette décélération est attribuée à la baisse des performances du bâtiment et travaux publics (5,6 % contre 6,8 %), de l’industrie d’extraction (5,2 % contre 14 %), ainsi que des industries de transformation (2,6 % contre 6,6 %), en dépit de l’accélération observée dans les activités de l’électricité et de l’eau, passées de 4,6 % à 5,9 %.
Le secteur tertiaire n’a pas échappé à cette tendance, enregistrant une croissance de 4,2 %, contre 5 % un an auparavant. Le HCP relève notamment le ralentissement des activités de l’hébergement et de la restauration (7,4 % contre 12,3 %), du transport et de l’entreposage (3,5 % contre 7,5 %), du commerce et de la réparation de véhicules (3,2 % contre 4,7 %), ainsi que des services financiers et des assurances (6,8 % contre 7,9 %).
À l’inverse, certaines branches ont affiché une amélioration, notamment les services rendus par l’administration publique générale et la sécurité sociale, avec une croissance de 4,8 % contre 4,3 %, ainsi que les services immobiliers, qui sont repassés en territoire positif à 0,9 %, après une baisse de 1,7 %.
Demande intérieure en forte progression
Malgré ce ralentissement sectoriel, le HCP souligne que la demande intérieure a enregistré une hausse soutenue de 7,6 % au troisième trimestre 2025, contre 5,9 % à la même période de 2024. Sa contribution à la croissance économique nationale s’est élevée à 8,3 points, contre 6,5 points un an plus tôt, confirmant son rôle moteur dans la dynamique économique du pays.
