
Dans son message à la Nation du 31 décembre, le président burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, a dressé un bilan globalement positif de l’année 2025, marqué par des avancées sécuritaires notables et l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire. Il a également présenté une feuille de route ambitieuse pour 2026, axée sur la souveraineté, le développement et les réformes structurelles.
Dans son adresse à la Nation prononcée mercredi soir, le président du Faso, Ibrahim Traoré, a livré une évaluation encourageante de la situation du Burkina Faso, insistant sur les progrès enregistrés sur les plans sécuritaire, économique et social.
Avancées sécuritaires et reconquête territoriale
Sur le plan sécuritaire, le chef de l’État a mis en avant les résultats de l’opération Lalmassga (« mur de glace »), qui a permis aux forces de défense et de sécurité de reprendre le contrôle de plusieurs dizaines de localités précédemment occupées par des groupes terroristes.
« Cette opération audacieuse a permis à nos forces combattantes de se poser dans le sanctuaire de l’ennemi, là où depuis cinq à six ans on croyait impossible d’atteindre », a déclaré le président. Les opérations ont concerné notamment la région du Nakambé, les abords du barrage de Kompienga, Namungu dans le Gulmu, ainsi que Namsiguia, autour de Djibo et Toulfé.
Le capitaine Traoré a annoncé la poursuite des offensives militaires jusqu’aux frontières nationales, avec une montée en puissance des forces armées et un rôle accru confié aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Il a également rendu hommage aux soldats tombés au front et salué l’engagement des forces combattantes.
Réinstallation des déplacés et relance agricole
Sur le plan humanitaire, le président a indiqué que des milliers de personnes déplacées internes ont pu regagner leurs localités d’origine sécurisées, bénéficiant d’un accompagnement de l’État pour relancer les activités agricoles et accéder à de nouvelles infrastructures de base.
L’une des annonces majeures du discours concerne l’agriculture. « Nous pouvons dire aujourd’hui que nous avons atteint l’autosuffisance alimentaire au cours de l’année 2025 », s’est félicité Ibrahim Traoré. Il a attribué cette performance à une bonne campagne agricole, aux subventions publiques, à l’accès aux semences améliorées et à la mécanisation.
Pour 2026, les autorités entendent poursuivre l’aménagement des terres reconquises, développer les retenues d’eau, renforcer la pisciculture et les cultures fourragères.
Mines, éducation et réformes structurelles
Dans le secteur minier, le chef de l’État a annoncé la poursuite du processus de reprise de contrôle des ressources naturelles, à travers des rachats de mines et la création de structures publiques d’exploitation. Les sorties d’or non contrôlées auraient été significativement réduites grâce à de nouveaux mécanismes de surveillance.
Pour 2026, d’importantes réformes sont prévues. Dans l’éducation, une transition progressive vers l’enseignement technique et professionnel est annoncée, avec la construction de lycées techniques et de centres universitaires. Le système de santé sera renforcé par de nouvelles infrastructures hospitalières.
La généralisation de la facture électronique certifiée dès janvier 2026 figure également parmi les mesures phares, dans l’objectif de lutter contre la fraude fiscale et d’améliorer la mobilisation des recettes publiques.
Infrastructures, urbanisme et diplomatie souveraine
En matière d’infrastructures, quatre nouvelles régions seront dotées en 2026 de brigades de construction routière, permettant le lancement de projets de routes nationales, départementales et d’autoroutes. Un nouveau modèle d’urbanisation a également été annoncé, privilégiant la construction en hauteur pour une meilleure gestion de l’espace urbain.
Sur le plan diplomatique, le capitaine Traoré a réaffirmé la ligne souveraine de son pays.
« Le Burkina Faso est un pays ouvert à tous les partenaires sincères et respectueux de notre souveraineté, mais ne permettra à aucune puissance de nous imposer sa volonté », a-t-il martelé, annonçant une réorganisation du dispositif diplomatique en fonction des nouvelles réalités géopolitiques.
Enfin, le président a appelé à un retour aux valeurs endogènes – intégrité, dignité et patriotisme – comme socle du développement national, invitant à forger un « Burkinabè nouveau », plaçant la patrie au-dessus de tout.
