
Les autorités espagnoles, avec le soutien d’Europol, ont démantelé un réseau criminel spécialisé dans le trafic de migrants entre l’Algérie et l’Espagne. L’opération, menée conjointement par la Garde civile et la Police nationale espagnole, a conduit à l’arrestation de neuf suspects et à la saisie d’importants moyens logistiques utilisés dans le cadre de ces activités illégales.
L’enquête, menée pendant plusieurs mois, a permis de mettre au jour une organisation implantée principalement dans la province d’Almería, dans le sud de l’Espagne. Selon les enquêteurs, le réseau coordonnait l’arrivée de migrants en provenance d’Algérie avant d’organiser leur transfert vers la France et d’autres pays européens.
Les interpellations ont été réalisées lors de plusieurs opérations simultanées à Almería, Roquetas de Mar, Vícar et Adra. Les forces de l’ordre ont saisi 43 000 euros en espèces, 61 kilogrammes de résine de cannabis, plusieurs embarcations, des moteurs de forte puissance, une trentaine de véhicules, des armes blanches, un pistolet à air comprimé ainsi que divers faux documents.
D’après les éléments recueillis par les enquêteurs, l’organisation regroupait des ressortissants algériens, marocains et espagnols. Elle fonctionnait selon une structure hiérarchisée où chaque groupe se voyait attribuer des missions précises, allant de la coordination des traversées maritimes à la gestion logistique et à la sécurisation des opérations.

Le réseau gérait à la fois les départs depuis les côtes algériennes et l’accueil des migrants sur le territoire espagnol. Une fois arrivés en Espagne, les candidats à l’immigration étaient pris en charge par une autre branche chargée d’organiser leur déplacement vers d’autres pays de l’Union européenne.
Les autorités soulignent que l’organisation disposait d’importants moyens matériels, notamment des embarcations rapides, des réserves de carburant et des pilotes expérimentés, lui permettant de mener régulièrement des traversées clandestines. Afin de compliquer les investigations, certains membres déclaraient frauduleusement le vol des embarcations utilisées pour les opérations de trafic.
Cette opération s’inscrit dans le cadre des efforts déployés au niveau européen pour lutter contre les réseaux de trafic de migrants, considérés comme l’une des principales formes de criminalité transfrontalière affectant l’Union européenne.
Dans cette perspective, Europol a récemment renforcé ses capacités opérationnelles avec la création du Centre européen de lutte contre le trafic de migrants (ECAMS), une structure destinée à améliorer la coordination entre les États membres, le partage d’informations et le suivi des activités financières des organisations criminelles impliquées dans ce type de trafic.
